Quand on en est réduit à cracher de l’eau dans une fontaine, où va la vie ?
Les gargouilles ont-elles un coeur de pierre ?
Leurs émotions sont-elles figées dans la roche ?

Au fil du temps et de l’eau que reste-t-il quand les siècles se suivent comme les saisons ?
Gardent-elles les souvenirs des reflets troubles qu’elles contemplent à chaque heure ?
Peuvent-elles voir les images déformées des visages enfantins qui se penchent pour les observer ?
À côté d’elles nous ne sommes jamais vieux, figées dans la roche elles sont éternelles.

Immobiles et impassibles elles semblent attendre les instants que nous ne verront pas,
Et gardent le secret de ceux que nous n’avons jamais vus.
Baisers volés et confessions intimes devant ces gardes silencieux,
Voeux prononcés au son d’une pièce dans l’eau.
Choses précieuses qui se répètent sans jamais se ressembler,
Trésor impalpable pour dragons insoupçonnés.
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